La sixième édition du Festival l’Œil Urbain a pour thématique la traversée. Parce que la ville se transforme sous nos yeux, les photographes sont témoins privilégiés de cette évolution. La « traversée » est à la fois géographique, d’un lieu à un autre, et symbolique, d’un état à un autre. La ville est comme un corps organique, vouée au changement. Nous vous invitons à traverser l’espace urbain dans toutes ses dimensions : à pied, en transports en commun, par les axes routiers... Sophie Brändström, en résidence à Corbeil-Essonnes, s’est promenée le long de la N7. Son travail peut entrer en résonance avec le projet collectif de la maison de photographes Signatures, qui propose une vision décalée des routes nationales. Denis Meyer raconte une transhumance singulière, celle des nouveaux bergers urbains et de leurs troupeaux de bovins « citadins » ; transition douce et pédestre, qui questionne nos modes de vie… Didier Bizet évoque quant à lui le métro de Moscou - véritable théâtre souterrain - et l’architecture somptueuse de ses stations ; travail comme en contrepoint des photographies de Claire-Lise Havet sur la banlieue moscovite et son habitat standardisé.

Les photographes sont également témoins des problématiques urbaines contemporaines. Gaël Turine dit la difficulté de la « traversée » d’un territoire, en photographiant à Lima le « mur de la honte », destiné à séparer l’habitat résidentiel des bidonvilles. Crises migratoires, dangers des espaces frontaliers, lieux traversés par la question de la misère sociale sont l’essence du travail du collectif haïtien K2D.

« Traversée » qui enferme ou qui libère… Avec Alain Keler et son Juke Joint Blues, la musique offre d’une certaine façon une échappatoire à la ségrégation. Et le voyage se fait plus onirique avec Guillaume Zuili : l’exposition Smoke & Mirrors livre de Los Angeles une vision fantasmée, tel un décor de film noir.

On l’aura compris, ces expositions sont l’occasion d’interroger l’espace urbain, de « traverser » la cité au-delà des apparences, et de présenter un regard inédit sur ces transformations, comme autant de chemins de traverse et de routes buissonnières.


 

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