Christophe Gin

Colonie

« La Guyane est la plus vaste région française. Sur ce territoire coexistent le centre spatial de Kourou et une immense zone forestière. Des frontières passoires dans une forêt équatoriale incontrôlable, une ruée vers l’or qui dégénère en Far-West tropical, des ressortissants étrangers réduits en esclavage ou encore une population amérindienne intégrée dans une logique républicaine forcée, transforment cette partie de la République, soumise par principe, aux mêmes lois que la métropole, en zones de non droit.

Voilà pour le cliché le plus souvent associé à ce département français et il est malheureusement très facile de réduire la Guyane à cette caricature.

Pour ma part, j’appréhende plutôt la Guyane comme une mosaïque de zones d’exception, souvent régies par des codes et des lois qui leur sont propres. Dans ce contexte, le droit républicain reste une simple vue de l’esprit ».

Travail réalisé dans le cadre du prix Carmignac du photojournalisme 2015.

Galerie d’art municipale

Christophe Gin, né en France en 1965, débute sa carrière de photojournaliste au début des années 1990. Sa première série, Nathalie conduite de pauvreté, est un huis clos photographique qui explore les rouages de la misère à travers le quotidien d’une jeune femme, entre 1994 et 2001. Entre 1996 et 1998, il documente la période qui aboutira aux accords de paix en Irlande avec une nouvelle série La paix des murs.

À l’issue de ces travaux, le besoin d’espace le pousse en Guyane où il découvre une société multiethnique cloisonnée.

Premier lauréat de la Bourse du Talent en 1998, il reçoit un World Press Photo pour son travail en Guyane en 2004, le prix Sophot de la photographie sociale et environnementale pour son travail sur la frontière entre la France et le Brésil en 2011 et le prix Carmignac du photojournalisme pour produire la série Colonie en 2015.