John Vink

Agence MAPS

Tour de France 1985

Le Tour c’est une histoire mythique à laquelle s’ajoute un chapitre chaque année. Sur le tarmac, où se mêlent sang et sueur, des millions de spectateurs s’alignent sur des milliers de kilomètres. Un vrai évènement populaire dont les acteurs – des dieux en chair et en os qui transcendent un engin arachnéen par la seule force de leur volonté, de leur sens de la stratégie et de leurs cuisses- peuvent être approchés, voire touchés. 

Nous sommes en 1985, ce tour de France annonce la dernière victoire du “Blaireau”, la passation de pouvoir entre Bernard Hinault et Greg Lemond.

Kiosque à musique

Dans le cadre d’une commande pour le quotidien Libération, durant trois semaines j’ai parcouru en voiture les routes de France pour assister aux départs et arrivées des courses et plus occasionnellement suivre les coureurs dans l’effort. Mon intention est de voir ce qu’il y a autour de la course, capturer l’atmosphère: le public jambon-beurre le long de la route et sa patience dans l’attente interminable du peloton, la frénésie pour la quête d’un bob, la musique Rodania, le Bibendum Michelin, le capharnaüm de l’arrivée, la centaine de coureurs qui ne gagneront pas la course. Tous les soirs, mes quatre ou cinq rouleaux de Tri-X sont acheminés par coursier jusqu’à Paris où la rédaction photo du journal se charge du développement et de l’éditing.

Aujourd’hui, le chuintement de mes pneus sur le goudron quand je m’acharne à accomplir les kilomètres que je m’impose à pédaler me ramène souvent à ces instants d’il y a trente-six ans, à ce qui fut en fait un des moments clef dans mon parcours.

Né en 1948 en Belgique, John Vink étudie la photographie à la Cambre en 1968.

Il rejoint l’agence VU’ en 1986 et reçoit la même année le prix Eugene Smith pour son travail L’eau au Sahel. Entre 1987 et 1993, il réalise un travail sur les réfugiés dans le monde qui donnera lieu au livre Réfugiés. John Vink devient membre de Magnum Photos en 1997 qu’il quittera en 2017 pour rejoindre l’agence MAPS.

Parmi les autres travaux du photographe: un projet sur les peuples des montagnes (Les Peuples d’en Haut, 2004) et d’autres sur le Cambodge, un pays qu’il visita dès les années 1990 et habita de 2000 à 2016 pour y couvrir la situation politique et socio-économique (Avoir 20 ans à Phnom Penh, 2000; Poids Mouche, 2006; Quest for Land, 2013).