Yohanne Lamoulère

Tendance Floue

Nord

Le canal de l’Escaut traverse entre la ville de Denain (Hauts-de-France) et la frontière belge, les territoires de la Porte du Hainaut et du Valenciennois. La crise générale, et notamment celle du transport fluvial, frappe une région où il y a pourtant des entreprises et une vie industrielle comptant sur le percement du fameux canal Seine-Nord. En attendant, les gens sont là. J’ai suivi les traces du fleuve et celles du travail avec l’écrivain Jean-Bernard Pouy il y a 10 ans. En 2020 je retrouve le Nord lors d’une résidence de création à la Comédie de Béthune, je flâne à Lillers, à Bruay-La-Buissière. Le percement du canal Seine-Nord n’a pas vu le jour. Les gens, eux, sont toujours là – et mon Rolleiflex les voit. Ma pratique photographique a légèrement changé, je reste dans la rue mais je passe plus de temps à fabriquer les portraits, j’accepte que la fiction s’immisce dans les images. La série qui vous est ici proposée mêle ces deux époques, en restant sur un même territoire, le Nord.

Rue du Trou-Patrix

Yohanne Lamoulère naît à Nîmes en 1980. Diplômée de l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles en 2004 après une adolescence passée aux Comores, elle vit et travaille à Marseille. Membre du collectif Tendance Floue, ses thèmes de prédilection sont la périphérie des villes et l’insularité dans ce qu’elle a de protéiforme. Elle publie Faux Bourgs aux éditions Le Bec en l’air en 2018, compilation de son travail sur la ville de Marseille. Elle fait également partie du collectif Zirlib avec le metteur en scène Mohamed El Khatib et travaille pour la presse nationale et internationale. En 2021 elle prépare son premier film, L’œil Noir.